Les enjeux associés aux milieux de hautes latitudes dans les conditions de changement climatique sont de première importance. Ce sont des zones clés tant pour la grande vulnérabilité des environnements de hautes latitudes au changement climatique que pour les facteurs de rétroactions sur le climat ou l’état global de la planète (production de gaz à effet de serre des milieux dégelés, hausse des niveaux marins). Les changements en cours impactent très fortement la faune et la flore des régions concernées, puis, en Arctique, les modes de vie et la santé des populations locales et indigènes. Les perspectives de développement dégagées par ces changements créent de nouvelles opportunités économiques mais risquent également de fragiliser, voire  bouleverser les écosystèmes et les sociétés arctiques.

La mise en place de l’Université Paris-Saclay permet un rapprochement de différents acteurs dynamiques: une centaine de chercheurs, enseignants et techniciens sont impliqués sur ce sujet. Les thématiques sont essentiellement autour du climat, évolution climatique, le cycle du carbone, impliquant les compartiments atmosphère, océans, surfaces continentales, environnements, changements et adaptabilité dans les milieux des hautes latitudes.

Les défis à relever concernent principalement des questions liées au changement climatique et sont dans la continuité des travaux démarrés tant sur l’évolution des océans (évolution des courants océaniques et glaces de mer, calottes de glace, contribution des bassins versants englacés et des calottes continentales polaires à l’élévation du niveau des mers), des surfaces continentales (évolution du pergélisol, thermokarsts, cycle du carbone et des composés des gaz à effets de serre), de l’atmosphère (pollution de l’Arctique), des écosystèmes et des populations (mitigation, adaptation, perceptions du CC, perspectives pour les peuples autochtones). L’évolution climatique et environnementale actuelle doit être replacée dans le contexte de l’évolution naturelle grâce aux nombreuses études de paléoclimat effectuées dans les archives continentales (dont glaciaires) et marines des hautes latitudes, ces études étant aussi indispensables à la validation des modèles utilisés pour prédire l’évolution future dans un contexte d’augmentation des gaz à effet de serre.